 A quoi sert l'assainissement ? | Que ce soit dans la cuisine, la salle de bain ou les toilettes, nous produisons des eaux usées qu'il se doit de retraiter avant de les rejeter dans le milieu naturel. On parle de différents types d'eaux usées :
- les eaux ménagères sont produites dans la cuisine
- les eaux grises dans la salle de bain
- les eaux vannes sont issues des toilettes à chasse d'eau
Plus communément, on peut parler d'eaux grises (cuisine + salle de bain) et d'eaux vannes.
Rappelons qu'avant d'assainir nos effluents, il est plus important de réduire les pollutions à la source : utiliser des produits lessiviels respectueux de l'environnement, passer aux toilettes à compost (ou toilettes sèches) … Pour mieux connaître ces derniers, nous vous conseillons l'excellent livre de Christophe Elain aux Editions Eauphilane "Un petit coin pour soulager la planète".
L'assainissement a deux fonctions principales : améliorer la salubrité d'une part et protéger le milieu naturel d'autre part. L'impact de la pollution des eaux dépend de son importance et du milieu récepteur. Or effectuer des travaux a également un impact sur l'environnement, on parle d'écobilan. Les éléments qui contribuent à limiter l'impact des travaux sur l'écobilan sont
- La pérennité de l'installation
- La provenance des matériaux
- La nature de ceux-ci (chimie pollution à la fabrication etc)
- L'énergie grise (énergie consommée pour la fabrication des matériaux et pour la réalisation des travaux)
Il n'est évidement pas facile, voire impossible de faire le calcul pour évaluer avec précision l'ensemble des paramètres en jeu. Il s'agit de les avoir à l'esprit pour en garder les grandes lignes.
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|  Le traitement des eaux usées par lits plantés de macrophytes | On entend par « lit planté de macrophytes » tout système de traitement des eaux usées qui met en œuvre des plantes non microscopiques (= les microphytes) dans un substrat, appelé également filtre planté ou phytoépuration. C'est une zone humide construite et fait partie des filières dites à culture fixée. La confusion est souvent faite avec le lagunage, lagunage à macro/microphytes qui fait quant à elle, partie des filières dites à cultures en eau libre. Les premières expériences sur les lits plantés de macrophytes ont été faites au début des années 50 par le Professeur de biologie Käte SEIDEL, qui à partir d'une observation rigoureuse de la vie des plantes des marais et des marécages, effectua ses recherches.
Il s'avère que les zones d'interface (eau/terre, terre/air, les lisières, les berges, les haies, les côtes etc ) ont une activité biologique particulièrement développée. Dans les lits plantés nous essayons de reconstituer des conditions d'interface optimales pour obtenir une activité biologique maximale et donc de bonnes conditions épuratoires.
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|  Les catégories de pollution des eaux usées | La pollution primaire pour laquelle on effectue un traitement primaire ou pré-traitement : elle comprend les polluants qui sont filtrables, décantables, isolables de manière physique.
La pollution secondaire pour laquelle on effectue un traitement secondaire : Il s'agit de la pollution organique en grande partie soluble qui peut être traitée de façon biologique avec des bactéries.
La pollution tertiaire pour laquelle on effectue un traitement tertiaire : Il s'agit de la pollution inorganique, principalement les nitrates et les phosphates qui peuvent être traités de façon biologique (par absorption des plantes) ou physico-chimique.
La pollution quaternaire comprend tous les germes pathogènes et les micropolluants (pesticides, métaux lourds…)
Les lits plantés sont des milieux complexes et les différents types de pollution ne sont pas traités séparément. Toutefois il y a des tendances suivant le type de lit.
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| | Toute filière d'assainissement comprendra un prétraitement, un traitement et un exutoire. |
|  Le prétraitement : le filtre vertical | Le prétraitement consiste à séparer les matières solides des matières liquides. C'est l'utilisation de toilettes à eau qui impose cette première phase d'épuration :
Assainissement classique
C'est la traditionnelle fosse qui effectue le prétraitement. Les matières solides décantent, les eaux résiduels sont dirigées directement vers le traitement. Inconvénients : dans la fosse les matières solides sont dégradées mais en absence d'oxygène, d'où une dégradation incomplète avec une production de boues et de gaz très malodorants. La fosse doit être vidée tous les 4 ans, et les boues vidangées doivent être traitées en station d'épuration. L'assainissement n'est alors plus tout à fait autonome et engendre des pollutions localisées sur les points de traitement des boues.
Assainissement planté
On supprime la fosse au profit d'un filtre vertical planté de roseaux. Les matières sont retenues en surface du filtre, tandis que les eaux percolent verticalement au travers du filtre pour se jeter sur le dessus du filtre de traitement. Dans ce cas il n'y a ni fosse ni bac dégraisseur. Ce type de lit effectue le traitement primaire avec la filtration, et le traitement secondaire (appelé également traitement biologique aérobie) avec cultures de micro-organismes fixés sur les granulats.
Il n'y a pas de production de boue mais un compost se forme en surface car la dégradation des matières organiques se déroule en présence d'oxygène. Le compost doit être retiré environ tous les 10 ans, utilisable au jardin d'ornement. Il n'y a pas d'odeur. Le filtre vertical est cloisonné en 2 parties, un seul côté est alimenté à la fois, d'où une manoeuvre 1 fois par semaine pour changer de côté.
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|  Et pourquoi pas les toilettes à compost ? | Mettre ses petits besoins dans l'eau, pour ensuite les séparer, est à bien y réfléchir une procédure quelque peu illogique ! Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme … tout le monde connaît cela. Ainsi la vie s'inscrit dans des cycles : cycle des matières, cycle de l'eau etc … Dans l'utilisation de toilettes à eau, nous prélevons notre nourriture du cycle de matière, pour la rejeter dans le cycle de l'eau. Nous sommes donc responsables d'un appauvrissement du cycle de matière (appauvrissement des sols) et de la pollution des eaux (injection de nos déchets dans le cycle de l'eau).
A l'heure où l'on parle de plus en plus de sécheresse et d'économies d'eau (et même en Bretagne n'est-ce pas !), on peut franchir ce pas de géant en essayant les toilettes à compost : économies d'eau à la clé, effluents plus faciles à épurer, et production de compost de qualité. Rassurez-vous il ne s'agit pas de latrines inconfortables et malodorantes, mais bien d'un petit coin au chaud dans la maison, sans odeur. Si on est un peu sceptique, on peut d'abord essayer un cabanon extérieur (mais fonctionnant bien comme des toilettes sèches, c'est à dire avec un apport carboné, sciure ou copeaux), ou bien faire un compromis en gardant un sanitaire à eau et un autre sans, ou bien encore en installant un urinoir et des toilettes à compost, ce qui est plus pratique pour ces messieurs …
Pour comprendre les toilettes à compost au quotidien, vous pouvez consulter La Maison Percotte. Nous vous conseillons également l'excellent livre de Christophe Elain aux Editions Eauphilane "Un petit coin pour soulager la planète". Pour des réceptions, l'association Aquaterre vous propose des toilettes sèches mobiles en location, dans la région Alsacienne.
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|  Le traitement : le filtre horizontal | Les Lits Plantés à écoulement horizontal ne peuvent recevoir que des eaux pré-traitées ou très peu chargées en matières.
Les eaux y circulent horizontalement par effet piston à la manière d'une nappe phréatique, sous la surface du substrat. De ce fait y est présente une mosaïque de zones aérobies et anaérobies. Une dégradation lente effectue la finition du traitement des matières organiques en solution. Il se vide par trop plein, et est donc toujours rempli d'eau sans que celle-ci ne soit affleurante.
De nombreuses espèces y sont plantées : massettes, iris des marais, salicaires, rubaniers, scirpes, menthes aquatiques, plantains d'eau ... Elles absorbent pour leur métabolisme une partie des nitrates et des phosphates. Vous pouvez visualiser ces plantes dans notre album photo.
Ce type de lit participe au traitement secondaire tertiaire et quaternaire.
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|  L'exutoire | En sortie de traitement, il est nécessaire d'infiltrer les eaux traitées : c'est l'exutoire. Celui-ci peut se réaliser de différentes manières, et est conçu dans un souci d'intégration paysagère : mare, noue ou fossé, et pourquoi pas rigoles d'irrigation.
C'est la phase finale d'infiltration qui joue un rôle double puisqu'en cas de pluviométrie exceptionnelle, ou de surcharges polluantes, l'exutoire continue le traitement et contribue à améliorer la qualité des eaux.
L'exutoire est également planté d'espèces semi-aquatiques ou si un plan d'irrigation est choisi, il peut servir à arroser gratuitement et automatiquement un massif de rosiers ou autres plantes ornementales. C'est en quelque sorte la « cerise sur le gâteau » : les eaux traitées sont valorisables et utiles à bien des usages jardiniers.
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